Interview de Ramenos (Arnaud Mangasaryan)

Posted by on novembre 22, 2012 in Focus, interviews de pros du web | 8 comments

Interview de Ramenos (Arnaud Mangasaryan)

Il y  a desfois où les articles sortent tout seul et d’autres où rien ne va. Ces derniers mois, j’ai expérimenté la seconde période entre le piratage de mon site due à ma négligence et l’augmentation des mes projets pros et perso  il m’était impossible de mettre à jour Jambonbuzz. Je vais corriger ça très rapidement (j’ai vu qu’Excel plaisait et vu certains articles des confrères il va falloir que je revienne dans le jeu) et pour cela, je vous propose de rencontrer un confrère canadien : Ramenos, un référenceur senior basé au Québec et très actif au DoYouSeo (l’association du référencement canadienne). Place aux questions

 

Pour certains qui ne te connaissent pas (encore) peux tu rapidement te présenter ?


Je mʼappelle Arnaud Mangasaryan (alias Ramenos) et je suis expert SEO/PPC. Actuellement responsable du département Search chez TC Media (annonceur canadien), je mʼoccupe donc dʼélaborer la stratégie de référencement pour les différents sites clients.
Jʼai, par le passé, fait un master en gestion de projet web à lʼHETIC. Après avoir fait de lʼintégration et de la gestion de projet, jʼai choisi de me rediriger vers le SEO en 2006. Jʼai pu travailler au sein de lʼagence Aposition à Paris, puis jʼai par la suite développé mon expertise au sein du groupe Figaroclassifieds. En parallèle, jʼétais intervenant SEO au sein de lʼHétic (il faut dire quʼà lʼépoque, il nʼy avait pas vraiment de formation existante pour les étudiants).
Durant mes études, jʼai eu la chance de pouvoir faire un stage en Arizona en tant que formation en intégration web. Cette expérience a été un déclic qui mʼa permis de démarrer une nouvelle vie à lʼétranger quelques années après… Et jʼai choisi le Canada pour de multiples raisons (contrairement à ce que lʼon pense, la langue commune nʼen fait pas partie).

 

Tu es SEO au Quebec, penses tu qu’il y ait énormément de différences avec le métier en France ?

Dès mon arrivée, jʼai senti quʼil y avait un certain retard côté expertise SEO par rapport à la France. Néanmoins, ce retard se comble de plus en plus et je ne te cache pas que je fais parti des militants qui tente de favoriser lʼimage du métier dans lʼindustrie.
Cependant, et cʼest le cas un peu partout en Amérique du Nord, les dirigeants sont bien plus axés sur le côté ROI quʼen France. Ce que jʼapprécie ici, cʼest que les choses bougent assez vite. Tu souhaites faire un projet, développer une idée à laquelle tu crois dur comme fer pour ton site ? Good, letʼs go mais il faut bien prendre le temps dʼévaluer le retour sur investissement que cela pourra avoir car sinon les portes te seront bloquées de manière radicale. Mais si ton idée a du sens, on va généralement te tirer vers le haut pour que tu puisses démarrer.

La pro-activité et le travail en équipe sont également des valeurs très appréciées au Québec.

 

Le fait qu’il y ait deux langues officielles au Canada est-il une opportunité ou un désavantage ?

«Les deux mon capitaine». Commençons par le point qui fâche : lorsque tu souhaites faire un site canadien dans les 2 langues et en choisissant de séparer les domaines, tu te retrouves vite coincé car cʼest le .ca et… Cʼest tout !
Cependant, Google CA (fr) et Google CA (en) arrivent, je trouve, à bien séparer les sites du même pays selon leur langue donc ça ne pose pas trop de souci dans la pratique.

Reste que dans la vie de tous les jours, je trouve ça bien dʼavoir 2 langues car cela te permet de switcher rapidement dʼune langue à une autre tout en échangeant avec 2 cultures et 2 mentalités différentes.
Les deux culture ont leurs avantages et leur inconvénients. Je voyage souvent à Toronto et clairement, lʼambiance des bureaux de la ville de lʼOntario est loin dʼêtre la même que celle des bureaux de Montréal !
Point perso : le seul truc qui mʼagace est le cinéma. Soit tu vas voir ton film en VO, soit en «français international» mais la VOST nʼexiste quasiment pas ici… Ca te force à travailler ton anglais, ce qui nʼest au final pas plus mal.

 

La communauté SEO au Canada a l’air assez active, tu fais toi même parti de DoyouSEO, peux tu nous en parler un peu plus ?


Le DoYouSEO est lʼAssociation du référencement au Québec. Fondée en 2011 (nous fêterons sa première bougie lors du prochain DoYouSEO Camp qui aura lieu le 21 novembre), lʼAssociation a pour but de rassembler les professionnels qui sʼintéressent au métier, échanger sur les bonnes pratiques et expériences et promouvoir le SEO au sein de lʼindustrie.
Durant cette première année, lʼAssociation a pu intervenir dans différents événements web qui ont eu lieu à Montréal, tout en créant des liens avec les autres associations et organismes qui ont un intérêt pour le sujet.
De plus, nous organisons tous les 2 mois un DoYouSEO Camp dont lʼobjectif est dʼéchanger sur une thématique choisie. 1 mois avant lʼévénement, les participants choisissent le sujet via un sondage puis en fonction du choix, nous trouvons 1, voire 2 intervenants qui vont introduire le sujet en présentant des cas pratiques (la théorie et les pitchs commerciaux sont évités comme la peste). Enfin, la seconde partie du camp se déroule sous forme de questions-réponses entre les participants, le tout dans une ambiance conviviale.

 

Le SEO a beaucoup évolué en 2012, nous arrivons à la fin de l’année, quelles sont tes impressions sur ces évolutions et que vois tu arriver pour 2013 ?

Ca risque de paraître un peu bateau comme réponse, mais tant pis : plus le temps passe, plus le référencement «sale» sʼen prend plein la tête… Ce qui nʼest pas plus mal. Je pense également que la conservation de nombreux fondamentaux est essentielle. On a souvent tendance à les oublier avec le temps, surtout depuis que les signaux sociaux ont pris place dans les stratégies de référencement.

Par ailleurs, je pense toujours que le travail de référenceur pur se doit dʼêtre accompagné dʼun talent dʼanalyste web. Dans le cas contraire, comment mesurer lʼétendu de son travail après sa réalisation ? Pour ma part, je pense quʼen 2012, peu importe le site, cʼest quand même limite de se contenter dʼanalyser les visites uniquement. Enfin, pour répondre aux nombreuses craintes que lʼon entend à gauche à droite, je pense que le référencement web est loin dʼêtre sur le point de mourir. Tant quʼil y aura de la recherche, le référencement aura sa part de travail. Et si Google n ʻexiste plus un jour ? Pas grave, il y aura dʼautres outils 🙂

 

Imaginons qu’un de mes clients souhaite lancer un site sur le territoire canadien, quels conseils me donnerais-tu ? Aurais tu de bonnes ressources à me conseiller ?

Une bonne majorité serait la même quʼen France ou ailleurs. Reste quʼici, il faudra sʼattendre à un volume de trafic différent. Faire un site en anglais ou en français nʼaura pas le même impact.
Cʼest sûr quʼen faisant du SEO pour un site québécois FR, la concurrence sera moins rude mais ta cible également moins large.

En anglais, le travail est loin dʼêtre aussi simple car on a toute la concurrence anglophone canadienne à considérer, sans compter la concurrence des sites US. Enfin, dʼun façon générale, il faut garder en tête que le pays est 20 fois plus grand que la France pour 2 fois moins dʼhabitants donc ça change un peu la donne de départ.

 

Merci à Arnaud d’avoir été très patient pour cet interview et d’avoir répondu avec finesse à mes questions. Si vous souhaitez le suivre, vous pouvez le retrouver sur Twitter @ramenos (attention, pensez au décalage horaire pour parler avec lui, +6h). Si vous aussi vous avez des questions, les commentaires restent ouverts pendant 14 jours !

A bientôt pour un autre article, promis le délai sera moins long 😉

8 Comments

  1. Elle est pas mal du tout cette interview – De mon coté j’ai eu la chance de pouvoir echanger avec Arnaud en live – a la térasse d’un petit café suedois au coeur de Montreal. Je plussois avec beaucoup de chose dans sa vision du SEO au Canada meme si nous avons des visions métiers assez différentes – lui vit au canada francophone / moi Anglophone – lui est chez l’annonceur et moi en agence.

  2. Le retour!
    Article intéressant, je suis aussi confronté à la même problématique des langues sur un site (en Belgique, néerlandais et français). Pas toujours évident à gérer et surtout ça manque de retour des SEO qui ont déjà bossé sur cette problématique. (2 domaines différents ou gérer les langues en sous domaines…)

  3. L’hiver arrive, vous allez commencer à vous cailler grave les mecs ! J’ai des souvenirs de températures surréalistes à Montréal…
    Bien bien l’itw sinon. Il a du répondant le Ramenos.

  4. Ce n’est pas trop délicat de trouver des sources intéressantes de linking sachant que le web canadien est moins développé ? Je ne parle pas d’appuyer sur un gros bouton pour faire plein de liens, mais les quelques rares sites de qualité ne doivent pas se faire des masses de cadeaux non ?

  5. @Laurent
    Arnaud va se les cailler grave – il ne fait pas si froid que cela a Vancouver – bon par contre il pleut – la ca doit faire 10 jours qu’on a pas vu le soleil –

  6. Moi qui croyais que lance un site en anglais est plus facile qu’un site en France est donc hors de la plaque.

  7. C’est intéressant cette comparaison avec la France, où les clients ne comprennent pas encore très bien l’enjeu d’une présence sur la toile, et le travail qui est fait pour arriver à sortir leur site du trou… Super interview

  8. @LeJuge : je confirme, c’était bien sympa en septembre, quand il faisait chaud. Au passage, à Montréal, il fait plus froid qu’à Vancouver, c’est vrai… Mais il ne pleut pas souvent… En novembre, on a eu 1 jour de pluie :).

    @LaurentB : on s’en tire encore pas mal niveau température. Il neige seulement depuis hier et il prévoit des températures supérieures à 0°C semaine prochaine. Pour l’instant, le début de l’hiver est doux…

    @Nicolas : bonne remarque. En fait, il faut vraiment réfléchir à la façon dont tu vas faire ton acquisition de visibilité. Le Canada, est surtout Montréal, c’est plus petit qu’on ne le pense niveau communauté web.

    @Paul : techniquement, ça ne change rien. Mais plus ta langue est parlée dans le monde, plus tu vas te taper de la concurrence web… Et l’anglais n’y échappe pas.