Certifications SEO : pièges à cons ?

Posted by on septembre 26, 2017 in Focus | 1 comment

Certifications SEO : pièges à cons ?

C’est la rentrée et même si vous n’êtes plus à l’école, certaines personnes ont l’idée de vous faire passer des examens pour tester vos connaissances SEO. Il y a eu beaucoup de bruit sur twitter pour juger ces certifications, alors j’ai décidé de mettre mon grain de sel.

Avant de commencer cet article, sachez que mon avis comportera forcément un biais étant impliqué dans la certification CESEO du SEOCamp.

Au démarrage…

…il y avait la certification CESEO. La volonté du CESEO était claire : créer un référentiel de questions permettant de prétendre à l’utilisation du terme « expert SEO » (CESEO veut dire certification expert SEO)

Rien que ce constat est difficile, en effet pour certaines personnes un expert SEO doit avoir eu un site qui génère des milliers d’euros de chiffres d’affaires, pour d’autres un expert doit avoir plusieurs années d’expérience…

Désolé Julien je n’ai pas réussi à t’enlever de la conv…

Or  la certification CESEO se déroule en trois étapes :

  1. Passage de la QASEO – un QCM « simple » qui valide les bases de connaissances en SEO
  2. Passage du QCM du CESEO – QCM plus complexe que la QASEO qui valide un support théorique objectif et qui fait consensus pour le SEO (ce qui explique les questions techniques plus nombreuses qui ont une réponse en 1 ou 0)
  3. Passage d’une étude de cas (audit d’un site) pour valider les connaissances.

Est-ce qu’un moment on demande : combien avez-vous généré avec le SEO ? Non et personnellement je trouverais ça déplacé.

Dans les faits, un étudiant n’ayant jamais fait de site pourrait avoir sa certification. De mon point de vue ce n’est pas grave car la certification a pour but d’officiellement valider les connaissances et non l’expérience. Peut être que dans ce cas le nom « Expert SEO » devient trop pompeux…

Peut-être faudrait-il un 4e niveau qui est de faire un site avec un objectif clair pour valider l’expertise, c’est une idée qui sera  soumise à l’association dans le groupe de travail CESEO…

Enfin, en guise de transition, je finirai sur le fait qu’aujourd’hui le CESEO est une certification qui n’a pas été validée par l’état même si on y travaille.

Le début de la polémique

Maintenant que les bases sont posées et que j’ai essayé de défendre la certification historique, voici le reste de la polémique. Depuis un mois plusieurs sites se sont lancés dans le business de la certification. Attention, je ne parlerai pas des certification Google Digital Active ou Google pour les pros qui sont des bases théoriques mais bien d’initiatives privés de SEO. Notons qu’à l’heure où j’écris ces lignes aucune de ces certifications n’est reconnue par l’état.

Voici des liens gratuits :

Prenons les un par un…

La formation PBN

Bon ici j’irai vite. On a juste un Français qui souhaite « importer » un programme de formation anglo-saxon. Vous recevez un diplôme assurant que vous avez effectué la formation.

Arrêtons nous 30 secondes sur l’intérêt de la certification : prouver à un employeur potentiel que vous avez validé vos connaissances sur le sujet. Je pense que dans le cas de PBN, aucun employeur ne l’indiquera dans son offre d’emploi (autant dire à Google que vous aimez spammer) et vous pourrez le montrer en privé.

Cette certification restera donc confidentiel AMHA.

La certification IX-Labs

J’avoue avoir sauté de mon siège quand j’ai vu la nouvelle car je pense que Sylvain a vraiment les moyens et la volonté de rendre la CESEO ridicule. J’ai eu la chance de faire la formation Masterclass SEO de Sylvain Peyronnet que j’ai vraiment apprécié. Cette formation vulgarise le fonctionnement du moteur et des algorithmes, ça valide par les faits les intuitions des SEO.

Bref, Sylvain est quelqu’un de compétent et s’est entourée de gens compétents pour sa certification. De plus le prix n’est pas prohibitif (annoncé « sous les 50 euros »), faites le calcul des coûts engendrés…difficile d’imaginer un plan machiavélique pour faire fortune…

Pour moi cette certification a du sens : elle est faite par plusieurs personnes qui ont trouvé des éléments qui faisait consensus. Je pense très sérieusement que cette certification pourrait être complémentaire au CESEO et qu’on pourrait imaginer des passerelles. Sylvain vise un système de massification et pourrait même détrôner l’utilité du CESEO.

Je vais être très honnête, s’il y arrive tant mieux, le but de la certification SEO étant d’avoir un diplôme reconnu par le plus grand nombre et surtout par les employeurs je me fous complétement de savoir quelle étiquette on lui pose dessus. Et si vous avez les deux tant mieux pour vous ça fera du bien à l’ego.

Bonne chance donc pour cette aventure

La certification Cocon Sémantique

Pour celle-ci j’ai d’abord été très sceptique : on parle de certifier une méthode qui ne fait pas consensus dans le métier. Moi-même j’ai eu du mal à comprendre l’engouement massif pour le cocon sémantique à ses débuts. Depuis cela a permis de créer pas mal d’outils sympas. J’ai peut être encore du mal à saisir l’intégralité du concept mais si ça permet à certains d’avoir des résultats tant mieux. Je pense par contre que ce qui a été toxique a été les échanges sur le cocon sémantique qui ont toujours été plutôt violentes pour les pro- ou les anti- à cause de la lubie détestable de son créateur d’insulter les gens pour les faire réagir (non ce n’est pas une technique de persuasion, c’est le degré 0 de l’argumentation). Au final, le cocon sémantique est devenu plus une bataille de personne que de technique, dommage. Il est temps de comprendre qu’on peut respecter un travail en le détachant d’une personne…

Rien qu’en écrivant ces lignes je me demande si certains ne sont pas en train de préparer leur punchline…lisez au moins la suite

La certification ne fait donc pas trop de sens, on évalue une technique sur les critères de son inventeur. Je rapprocherai plus cette certification de la première sur les PBN…

mais…

 

…la technique de « cocon sémantique » dépasse aujourd’hui son créateur.

Les clients SEO sont mêmes demandeurs de cocon sémantique, obligeant les plus sceptiques, par des moyens détournés ou non, d’appliquer le principe (ou ce qu’ils en ont compris) pour transformer les prospects ou conserver leur client. J’ai moi même eu la demande il y a quelques mois. Le cocon sémantique est donc devenu un onomatisme faisant perdre toute attribution à son créateur.

Sauf que son créateur n’aime pas forcément qu’on fasse une méthode n’importe comment en appliquant son nom dessus, ce qui est logique, d’où cette idée de « Cocon sémantique validée par Laurent Bourrelly ».

Reste à savoir le prix. Pour moi cela reste une sorte de diplôme d’une formation ou d’une application de connaissance et pas un certificat. Si le prix est prohibitif alors l’idée de faire des certificats pour que la communauté soit tirée vers le haut ne sera pas là et cette certification sera juste un produit de plus comme peut l’être une formation.
A noter : est-ce mal de faire de l’argent avec des techniques marketing ? non, vous n’aviez qu’à avoir eu l’idée avant.

Pour finir sur le but de cette certification : si un client va voir Laurent Bourrelly et qu’il ne peut se permettre de payer 350 euros de l’heure alors avoir un annuaire de personnes qui partagent la vision à prix plus bas fait sens.

Cette certification répond donc à une demande précise… Après tout qui aime qu’on lui serve une crêpe au Nutella à base de Noisella ?

Pour conclure…

Je ne comprends pas la honte populaire des réseaux sociaux sur les gens qui souhaitent faire du business. Le marché de la certification est intéressant, certains l’utilisent pour promouvoir leur outil d’autres pour gagner un peu d’argent. Généralement ces dernières survivent uniquement si elles sont d’une bonne qualité.

J’aimerai que les SEO comprennent que nous sommes très petit et la plupart du temps dénigré dans la sphère tech. Vous avez beau générer des millions, vous ne marquerez pas l’histoire avec votre réseau de sites WordPress  posés sur de l’expiré et votre affiliation Amazon.

Si une certification arrive et nous permet d’être mieux representé et de passer pour autres choses que des sorciers vaudous c’est tout le métier qui s’en trouve grandit. Un peu d’ouverture donc, laissez le temps faire son oeuvre et nettoyer les écrans de fumée. Et si vous trouvez la CESEO trop {technique|simple|biaisé} aidez nous et posez vos propres questions.

1 Comment

  1. Hello

    Comme je l’ai indiqué sur Twitter, une certification doit être choisie en fonction :
    – de ses propres objectifs professionnels
    – de l’intérêt de l’obtention d’une certification
    – de la valorisation de la certification.

    Quand je parle valorisation, je pointe un élément important qui correspond à la valeur de la certification sur le marché, aussi bien en terme de qualité, de reconnaissance (de la profession mais surtout hors de la profession) et du consensus induit par cette reconnaissance.

    Pour ma part, je suis circonspect face à la recrudescence des certifications, surtout dans la niche du SEO, qui est une activité (souvent) perdue dans le département du marketing, de la publicité et de l’informatique.

    Déjà que le SEOcamp essaie péniblement de faire émerger sa certification, en rajouter d’autres ne permettra pas à mon avis de les faire reconnaître en dehors de la sphère « SEO ».
    Je reviens sur le SEOcamp : avoir un QASEO et un CESEO… hahaha… non… mauvaise idée. Il aurait fallu avoir (ou renommer) un CESEO niveau 1, CESEO niveau 2… Mais 2 certifications, personne en dehors de la sphère « SEO » ne voit la différence. Et tout le monde s’en fiche.

    Bref, n’oublions pas le point important : la reconnaissance et le consensus. Comment voit-on qu’une certification est reconnue et demandée par la profession ?
    Simplement en regardant les offres d’emplois.
    Que ce soient des certifications (avec formations) méthodologiques (comme Agile/Scrum) ou des certifications techniques (dans le monde SAP, dans l’univers Microsoft, dans les réseaux CISCO), voilà des certifications qui ont sens, qui sont reconnues et qui ont de vraies valeurs ajoutées.

    Tiens, pour ma part, je vais renforcer mon panel de certifications avec une des formations à la mode (« Agile »). Qui se traduit immanquablement par une augmentation de ma « facturabilité ».